HDA - Continuer autrement

Continuer autrement * (15 octobre 2010) – 21 octobre 2010

Que faire si, à court et moyen terme, un référendum gagnant sur la souveraineté n’était pas possible ?

par Claude Morin **

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Depuis quelques années déjà, les mesures de l’opinion portent à croire que, pour l’avenir prévisible, un nouveau référendum sur la souveraineté serait perdant s’il prenait modèle sur ceux de 1980 ou de 1995. Dans ce cas, que faire ?

Parmi les suggestions avancées jusqu’ici, deux sont à retenir :

1) Recourir à des référendums sectoriels en vue de « rapatrier » vers le Québec des pouvoirs présentement exercés par le gouvernement central.

Tout à fait pertinent pour résoudre des conflits ponctuels Québec-Ottawa, ce moyen ne parviendrait cependant à transformer le statut du Québec que si on l’appliquait, chaque fois avec succès, pendant plusieurs mandats électoraux.

2) Doter le Québec d’une Constitution.

Si le Québec devait demeurer province canadienne, un devoir collectif s’imposerait de toute façon : nous définir, ainsi que nos valeurs et objectifs, dans notre Constitution.

La Constitution d’un Québec souverain aurait, elle, une tout autre portée. Elle permettrait de «visualiser» à quoi il ressemblerait, devenu maître de ses affaires. Elle offrirait un argumentaire enrichi à ceux et celles qui souhaitent le voir acquérir la plénitude du pouvoir politique. Comme enjeu, thème de réflexion et texte de référence, elle donnerait lieu à un débat à bien des égards différent de ceux qui ont prévalu lors des référendums de 1980 et 1995. Sauf que l’adhésion du public à cette Constitution suppose son accord avec la souveraineté elle-même.

Une autre approche existe : Proposer aux Québécois un programme fondé sur la sauvegarde et le développement de leur identité, et exiger la reconnaissance constitutionnelle de la nation québécoise.

Dans cette perspective et sans renoncer à la souveraineté, le Parti québécois s’engagerait à un plan d’action axé sur la défense et la promotion de notre identité propre. Élu, il en appliquerait les éléments réalisables dans le cadre politique actuel. Les autres – mettant en cause le multiculturalisme canadian et sa source, la Constitution unilatéralement imposée au Québec en 1982 – feraient éventuellement l’objet d’un référendum qui pourrait coïncider avec l’élection au terme du prochain mandat du PQ.

En phase avec les aspirations naturelles des Québécois, une telle démarche n’a jamais été tentée.

J’ai écrit ce long texte au cours de la dernière année pour contribuer à la réflexion de tous ceux et celles qui ont à cœur l’avenir politique du Québec. Les souverainistes en particulier.

Certains vont juger la question presque sacrilège : Que faire si, à court et moyen terme, un référendum gagnant sur la souveraineté n’était pas possible ? Pourquoi s’interroger là-dessus, répliqueront-ils, puisque le premier devoir des souverainistes est de créer les conditions qui feront que la question ne se posera pas.

Je veux bien, mais je la pose quand même – et j’essaie d’y répondre – pour le cas où il faudrait y faire face. Voyons pourquoi l’hypothèse n’est pas forcément fantaisiste. Plus loin, on constatera qu’elle n’a rien de défaitiste.

On peut télécharger le document complet en PDF à l’adresse suivante :

http://www.vigile.net/IMG/pdf/14-morin-Continuer_autrement.pdf

Sources

* http://www.vigile.net/Continuer-autrement

** http://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Morin_(péquiste)

** http://www.bilan.usherb.ca/bilan/pages/biographies/542.html