HDA - Ce n'est pas la joie à Villa Bonheur (13 février 2010) - 14 février 2010

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Ce n'est pas la joie à Villa Bonheur (13 février 2010) - 14 février 2010
par Chantal Vallée - La Voix de l'Est

(Granby) À Villa Bonheur, on ne s'en cache pas: la note accordée par l'équipe d'évaluation déçoit.

"On a trouvé la cote sévère", réagit Martine Gendron, directrice du programme des personnes hébergées au CSSS de la Haute-Yamaska, dont fait partie Villa Bonheur. "Ils vérifient 26 points. Là-dessus, il y en a quatre sur lesquels on n'a eu aucune recommandation. C'est le cas des soins et de la surveillance. On n'a reçu aucun élément négatif à ce sujet. Pour le reste, on est déjà au travail", souligne-t-elle.

"Les gens sont pris en charge. Ce n'est pas inquiétant, ajoute-t-elle, rappelant les points forts du centre. Qu'il faille mettre des napperons colorés et qu'on n'utilise pas des bavoirs comme napperons pour moi, c'est plus accessoire, c'est plus facile à régler".

Des lacunes
Ce que l'on reproche à Villa Bonheur ? Les résidants qui doivent être accompagnés aux toilettes doivent attendre parfois trop longtemps. Certains employés manquent de souplesse. Ils partent en pause même si des résidants ont besoin d'aide.

Les collations ne sont pas toujours offertes aux gens qui ont du mal à s'alimenter, il y a peu d'activités les soirs et les fins de semaine. L'équipe de visite a noté une odeur de selles et d'urine sur les unités.

Malgré une approche qui veut imiter le milieu de vie naturel de ces aînés, on sent trop l'empreinte de l'institution. Les résidants ne peuvent se lever et prendre un bain à l'heure qu'ils désirent. Et ils n'ont pas toujours accès à une personne du sexe de leur choix pour les soins d'hygiène, ce qui prive certains résidants de leur bain hebdomadaire.

Réactions
Martine Gendron met certains bémols sur les observations des visiteurs. Il n'y a pas de mauvaises odeurs sur les unités toute la journée, mais elles sont pratiquement inévitables lors des tournées, au moment où on change les résidants. "Des clients continents, on en a de moins en moins", remarque-t-elle. "Au moment des tournées, il y a une concentration d'odeurs, c'est vrai", indique-t-elle.

Les visiteurs reprochent à certains employés de tutoyer des résidants ou d'utiliser des surnoms comme "ma belle" et "ma petite chouette". Mme Gendron fait pourtant valoir qu'il faut respecter le désir de certains résidants d'être tutoyés.

Alors qu'il y a une dizaine d'années, on proposait du bingo et du OKO toutes les semaines, actuellement la majorité des résidants n'en est pas capable. "Les gens qui sont capables de jouer au bingo, je peux les compter sur les doigts d'une ou de mes deux mains", indique Mme Gendron (108 personnes vivent à Villa Bonheur). "Il y a plus de gens qui sont atteints de problèmes cognitifs, fait-elle valoir. Il faut se diriger davantage vers des activités individuelles. Passer du temps avec la personne, lui faire écouter de la musique qu'elle aimait, faire de la place aux gens des familles", ajoute-t-elle.

Environnement physique inadéquat
Les visiteurs n'ont pas non plus été impressionnés par les lieux. Les cinq chambres doubles et huit chambres triples ne permettent pas aux résidants de vivre leur sexualité. Il n'y a pas de chambre de soins palliatifs, pas de salle pouvant regrouper tous les résidants. "La proximité des résidants favorise le développement de troubles de comportement", souligne même l'équipe de visite, relevant la présence d'un agent de sécurité depuis un mois. Ce client a depuis été transféré dans un centre mieux adapté à ses besoins.

"Les gens qui ont une démence deviennent asociales. Ils ne comprennent pas ce qui se passe. Tout peut les agresser. C'est la maladie qui fait ça", explique Mme Gendron.

La directrice du programme pour les personnes hébergées indique aussi que les employés auront des espaces offrant plus de confidentialité. Des membres du personnel discutent parfois de comportements ou de problèmes des résidants dans des corridors ou dans des lieux communs comme le poste de garde ou le salon des employés, déplore-t-on dans le rapport.

Des rénovations... un jour
Au CSSS de la Haute-Yamaska, on estime aussi que les lieux sont inadéquats pour la clientèle. Une subvention de 2,6 millions de dollars a été annoncée en février 2007 pour remettre Villa Bonheur au goût du jour: convertir toutes les chambres multiples en chambres simples, élargir les couloirs et créer des salles communes. Deux ans plus tard, il ne s'est toujours rien passé, concrètement du moins.

En août 2008, le CSSS a soumis un plan de rénovations à l'Agence de la Santé et des Services sociaux de la Montérégie, qui le lui a retourné en juin 2009 en demandant des corrections. Le CSSS s'apprête à soumettre le plan modifié en mars.

Une fois les rénovations complétées, 28 lits de Villa Bonheur vont disparaître. Le centre de santé devra alors relocaliser ces résidants ailleurs dans le milieu.

Source
http://www.cyberpresse.ca/la-voix-de-lest/actualites/201002/13/01-949335-ce-nest-pas-la-joie-a-villa-bonheur.php


Notes explicatives
1) Le Centre d'accueil Villa Bonheur, originellement, était un établissement faisant parti du CHSLD (centre d'hébergement et de soins de longue durée) Horace-Boivin. En1991, en plus du Centre d'accueil Villa Bonheur on retrouvait l'Hôpital de Waterloo et l'Hôpital Notre -Dame de Granby qui en 1999 est devenu le Domaine Vittie-Desjardins où nous retrouvions deux résidences spécialisées (Alzheimer et jeunes adultes vivant un handicap physique important) ainsi que dix (10) appartements supervisés accueillant des couples dont un membre du couple vivait une maladie dégénérative.

2) En 2002, le CHSLD Horace-Boivin a été fusionné avec le CLSC de la Haute-Yamaska.

3) Quelques années plus tard, le CHSLD Horace-Boivin et le CLSC de la Haute-Yamaska ont été fusionnés à l'Hôpital de Granby pour devenir le CSSS de la Haute-Yamaska (CSSS=centre de santé et de services sociaux).

4) Pour connaître une partie des causes du "désastre" vécu par les CHSLD et par les services aux personnes âgées et adultes en perte d'autonomie en centre d'hébergement, nous vous invitons à relire certaines chroniques déjà publiées sur notre site. Sous l'onglet Archives 2009 : 1) En CHSLD à 5,23$, taxes et service non-inclus (9 septembre 2009) ; 2) La MRCisation des services de santé : un débat à faire (10 avril 2009) et sous l'onglet Archives 2007-2002 : 1) Un maladie chronique : la structurite (23 octobre 2003 - 3 novembre 2003) ; 2) Les chronologiquement désavantagés... en résidence gérontologique (26 juin 2002).