HDA - Pas de quoi fêter - 13 septembre 2009

Pas de quoi fêter * - 13 septembre 2009

D'après un reportage de Bruno Coulombe

 

Un spécialiste de la démographie des groupes linguistiques au Canada affirme que la Loi sur les langues officielles a échoué à soutenir le développement des communautés francophones hors Québec. Au moment où le pays souligne les 40 ans de cette loi, le professeur à la retraite de l'Université d'Ottawa, Charles Castonguay, constate un recul marqué de l'usage du français à l'extérieur du Québec depuis 1971.

 

Selon lui, le déficit des générations constitue une menace à la vitalité du français au pays. Il y a 40 ans, les jeunes enfants francophones étaient aussi nombreux que les jeunes adultes. En 2006 cependant, les jeunes enfants francophones sont presque deux fois moins nombreux que les jeunes adultes.

 

M. Castonguay voit dans ces chiffres une démonstration de l'échec des politiques canadiennes de bilinguisme, avec pour résultat que les francophones hors Québec sont de plus en plus nombreux à se tourner vers l'anglais.

 

“Que voulez-vous, le français est perdant et il n'arrive pas à attirer de nouveaux locuteurs“. — Charles Castonguay

 

Pour M. Castonguay, la perte de vitesse du français est telle qu'il est futile d'essayer de renverser la tendance partout au pays. Il suggère de concentrer l'immigration francophone au Québec, au Nouveau-Brunswick et en Ontario.

 

“L'idée de maintenir le français présent coast to coast, c'est une vision irréelle, c'est un rêve“.  — Charles Castonguay

 

Le politologue Raymond Hébert, professeur à la retraite du Collège universitaire de Saint-Boniface, qualifie d'étroite la vision de Charles Castonguay. Il ne nie pas que le français hors Québec soit en recul, mais il insiste sur la nécessité pour le Canada de soutenir l'ensemble de ses communautés.

 

“Le bilinguisme fait partie de l'identité canadienne, ce qui n'était pas le cas en 1969“, soutient-il. Pour lui, la Loi sur langues officielles a créé des outils qui favorisent l'usage du français et qui font que le bilinguisme est plus ancré dans les moeurs.

 

La nouvelle présidente de la Fédération des communautés francophones et acadiennes du Canada, Marie-France Kenny, estime aussi que la Loi sur les langues officielles a donné au français une légitimité qui n'aurait pas été possible il y a 40 ans. Mais elle critique son application par les gouvernements. “Cette loi est respectée à la pièce, au gré de la volonté des fonctionnaires et du gouvernement“, dit-elle.

 

* Source : http://www.radio-canada.ca/nouvelles/National/2009/09/12/002-loi-langues-officielles-echec.shtml