HDA - Nelly Arcan - 27 septembre 2009

Vous trouverez  dans cette chronique trois articles, sélectionnés parmi tant d’autres, suite à la mort de Nelly Arcan.  À la fin de cette chronique vous retrouverez trois vidéos.

 

Nelly Arcan

5 mars 1973 – 24 septembre 2009

 

La mort nous guette *

par Dominique Fortier

 

Il y a quelques jours à peine, on apprenait la mort de Nelly Arcan ou Isabelle Fortier de son vrai nom.  Vraisemblablement la prolifique jeune auteure se serait donné la mort dans son appartement de Montréal.

Certains diront qu’elle avait tout pour elle; une carrière en pleine ascension, suffisamment de fric pour subvenir à ses besoins et une notoriété grandissante.  Alors pourquoi commettre l’irréparable?  L’auteure de 5 romans dont un dernier qui va être disponible en librairies bientôt était visiblement mal dans sa peau.  Son dernier bouquin traite d’ailleurs du sujet délicat qu’est le suicide.

Je peux comprendre que certaines personnes interprètent le suicide comme un geste de lâcheté.  Certains vont vous dire que si une personne voulait vraiment s’en sortir, il y a des ressources, des gens qui sont là pour donner un coup de main.  Et ils ont raison!  Des ressources, il en existe!  Ce qu’il faut comprendre par contre est que la personne qui prend la décision de se suicider ne voit pas ces dites ressources comme une porte de sortie.  La personne qui en vient à se convaincre que la seule façon de mettre fin à ses souffrances et de passer à l’acte est de toute évidence rendue beaucoup plus loin dans sa tête.  Imaginez-vous deux minutes que votre souffrance est si intense et que votre mal de vivre est si grand que vous ne voyez aucune autre alternative que de mettre fin à vos jours.  Tout comme Nelly Arcan, les personnes qui en viennent à passer à l’acte ont tous un certain entourage.  Soit de la famille, des amis, des collègues de travail, etc.   Il est évident qu’au moins UNE personne dans leur entourage aurait pu écouter et diriger la pauvre âme en dérive vers des solutions alternatives au suicide.  Je suis tout aussi convaincu qu’avant de commettre l’acte, les personnes ont pensé à tous ceux qu’ils laisseraient derrière.  Mais rendu au point où ils sont rendus, ils ne voient plus leur entourage comme une raison suffisante pour rester sur cette Terre.  Leur mal est trop grand.

Se suicider ne tient pas de la lâcheté ni du courage à mon humble avis.  Il découle d’un mal de vivre intense et d’un combat perpétuel contre ses démons intérieurs.  Un combat qui peut sembler impossible à gagner pour certains.  On a qu’à penser à Dédé Fortin ou Kurt Cobain pour se rendre compte que le succès, la gloire ou l’argent ne sont pas toujours suffisants pour être heureux.  Se sentir aimé et surtout apprendre à s’aimer soi-même est la recette principale du bonheur.  S’entourer de bonnes personnes, savoir extérioriser ses sentiments, apprendre à se confier aux gens qui nous aiment.  Voilà tout autant de façons pour garder une stabilité mentale et passer à travers cette vie qui n’est pas toujours de tout repos.

La mort nous guette tous et nous rattrapera tous un jour ou l’autre.  Pourquoi ne pas en profiter le plus possible pour être heureux en attendant notre heure.  Utiliser tout le potentiel en nous pour faire une différence.  Et je ne parle pas ici de changer le monde ou de partir une révolution.  Mais de petits gestes.  Comme dire régulièrement à ceux qui nous sont chers qu’on les aime.  Ou prendre le temps d’aller vers son enfant qui a besoin de conseils mais qui est trop gêné de le demander.  Apprendre à faire de tous ces petits bonheurs un bonheur plein et entier.  Le reste viendra tout seul.  En agissant ainsi, on se rend heureux et on rend les autres autour de soi heureux.  Et on apprend ainsi à vois les choses moins noires.

 

* Source : http://dimanchematin.com/2009/09/27/la-mort-nous-guette/

 

 

Adieu Nelly Arcan **

par  Julie Salvador

 

Adieu ma chère Nelly ....

J'ai tant de peine ... Où es-tu en ce moment ??? Entends-tu tous ces témoignages des gens qui t'aimaient vraiment et puis des autres, (tu sais, les mêmes qui portaient sur toi ce jugement qui te faisait si mal !!!)

Je suis très honorée de t'avoir connue (même trop brièvement).
Tu étais effrayée à l'idée de chanter avec moi sur '' Je t'aime moi non plus'', c'était une première pour toi...Tu l'as fait ! Tu en étais si fière !!!!

Tu avais cette capacité à aller jusqu'au bout des choses que tu entreprenais...
On sait maintenant jusqu'à quel point ...
Je voudrais tant pouvoir rajouter des points de suspension à ce dernier acte que tu as posé, et que tu reviennes au détour d'une nouvelle page ...
Comme c'est dur de respecter ce point d'interrogation que tu nous laisses...

J'ai tant aimé notre dernière soirée passée ensemble, des heures à partager des bouts de nos vies..On en avait prévues tellement d'autres...La bouteille de vin blanc est encore au frais..Tu m'avais promis qu'on la boirait très bientôt...

Je me souviens de toi dans toute ton entièreté :
Nelly accueillante, souriante, délicate, profonde, brillante, intense, sensible, esthète, curieuse, lucide, sombre, fragile ...
Tu en avais tellement porté sur tes frêles épaules.

De toutes mes chansons, c'est ''La pluie'' que tu préférais...
Tu disais qu'elle venait te chercher et qu'elle te donnait des frissons....
Je te la dédie pour l'éternité...

Merci pour tout ce que tu as été, Nelly...
Tu me manques.

** Source : http://bibliobs.nouvelobs.com/20090925/14885/la-mort-de-nelly-arcan-a-35-ans#

 

Nelly Arcan est morte ***

par Marc Pigeon et Dany Bouchard

 

Nelly Arcan a commis l’irréparable.

 

L’auteure de 36 ans, propulsée au sommet par son roman Putain en 2001, s’est enlevé la vie à son domicile du Plateau-Mont-Royal, jeudi, en début de soirée.

 

Les secours ont été appelés à 17 h 22 au domicile de l’auteure, au 4842, rue Saint- Dominique, sur le Plateau-Mont-Royal. Selon l’appel au 9-1-1 auquel des répondants médicaux d’urgence de la centrale d’Urgences-Santé ont répondu, il s’agissait alors d’un arrêt cardiorespiratoire.

 

En arrivant sur place, les paramédicaux ont pratiqué des manoeuvres de réanimation selon le protocole, mais sans succès. La patiente a été conduite au CHUM pavillon Hôtel-Dieu, où son décès n’a pu qu’être constaté. L’homme présent sur les lieux a lui aussi été conduit à l’hôpital, souffrant d’un choc nerveux, a dit le porte-parole d’Urgences-Santé, Benoît Garneau. Des membres de la famille de Nelly Arcan se sont aussi présentés à l’hôpital.

 

UN DERNIER COURRIEL?

Collaboratrice à l’émission Ici et là, diffusée en direct à Vox les jeudis soirs, Nelly Arcan était attendue sur le plateau où elle ne s’est évidemment jamais présentée.

 

Jeudi, à 15 h 51 (une heure et demie avant l’appel au 9-1-1), elle a fait parvenir un bref courriel au réalisateur de l’émission, Sylvain Bouchard, pour le prévenir qu’elle ne serait pas sur le plateau, comme d’habitude, pour 20 h 30.

 

«Sylvain je ne peux faire l’émission de ce soir… Je suis désolée…», lui a-telle écrit.

 

«Je suis arrivée au maquillage à 18h30 et elle n’était pas là», raconte Sophie Durocher, l’animatrice de l’émission.

 

«C’est quelqu’un de super fiable, très professionnelle, très à son affaire», dit-elle en précisant qu’une recherchiste l’a alors appelée sur son téléphone portable pour savoir pourquoi elle n’était pas à l’émission.

 

«La personne qui a répondu lui a dit que Nelly ne pouvait pas lui parler.» En fin de soirée, la terrible nouvelle de sa mort est tombée.

 

Le coroner Paul G. Dionne a déclenché une enquête visant à déterminer la cause et les circonstances exactes de sa mort, a dit la porte-parole du Bureau du coroner, Geneviève Guilbault.  Le coroner peut aussi émettre des recommandations pour protéger la vie humaine et éviter d’autres drames du même genre.

 

«LA VIE EST PROPRE À CELUI QUI LA VIT»

Dans une chronique qu’elle a signée en mai 2008 dans l’hebdomadaire Ici, Nelly Arcan traitait sans détour du difficile sujet du suicide.

 

«L’un des problèmes, c’est peut-être que l’on croit avoir tout compris. Car ce comportement des plus angoissants est d’une telle complexité qu’il nous échappe encore. Force est de l’admettre», écrivait-elle. «La vie est propre à celui qui la vit. Et s’il est vrai que le suicide est un legs terrible qu’il faut absolument prévenir, il est aussi vrai que ne pas faire souffrir son entourage ne peut constituer, du moins à long terme, une raison suffisante pour vivre.»

 

«Pour vouloir vivre, pour souhaiter rester en vie, il faut un peu plus que “ne pas vouloir faire mal aux autres”. En l’admettant, on peut déjà sortir de la langue de bois. On peut commencer à penser le suicide dans son intense et douloureuse complexité.».

 

Sa dernière chronique, publiée vendredi, s'intitule «Ça vaut le détour».

 

*** Source : http://www2.canoe.com/divertissement/celebrites/nouvelles/2009/09/25/11110181-jdm.html

 

 

Entrevues diverses

http://www.tagtele.com/videos/voir/9998

http://www.tagtele.com/videos/voir/10121 (1 de 2)

http://www.tagtele.com/videos/voir/10119/1/ (2 de 2)