HDA - Corruption - Classement 2009

Transparency International – the global coalition against corruption *

Berlin, le 17 novembre 2009

Corruption – Classement 2009

La corruption menace la reprise économique mondiale et pose de graves problèmes aux pays en conflit **

Alors que l’économie mondiale enregistre les premiers signes d’une reprise économique, et que des nations continuent à lutter contre les conflits et l’insécurité permanents, il apparaît clairement qu'aucune région du monde n’est à l’abri des dangers de la corruption. Ce sont les conclusions de l’Indice de Perception de la Corruption (IPC) 2009 de Transparency International, publié aujourd’hui, et qui évalue la corruption affectant le secteur public d’un pays.

«En ce moment, des mesures de stimulations très importantes sont mises en œuvre partout dans le monde, parallèlement à des versements accélérés de fonds publics et des tentatives de stabiliser les différents processus de paix. Si nous voulons briser le cycle vicieux de la corruption, il est indispensable de déterminer quels sont les nœuds qui empêchent à la fois une bonne gouvernance et une obligation de rendre des comptes», déclare Huguette Labelle, Présidente de Transparency International (TI).

La grande majorité des 180 pays faisant partie de l’Indice 2009 obtiennent une note inférieure à cinq sur une échelle de 0 (haut degré de corruption perçu) à 10 (faible degré de corruption perçu). L’IPC évalue la perception du niveau de corruption affectant l’administration publique dans un pays donné. Il s’agit d’un Indice composite, fondé sur 13 enquêtes différentes menées auprès d'entreprises ou d'experts. L’édition 2009 attribue un score à 180 pays, soit autant que dans l'IPC 2008.

Les États fragiles et instables, marqués par la guerre et les conflits permanents, demeurent en bas du classement. Il s’agit de la Somalie avec un score de 1,1, l’Afghanistan avec 1,3, le Myanmar avec 1,4 et le Soudan au même niveau que l’Irak avec un score de 1,5. Ces résultats indiquent que les pays perçus comme les plus corrompus sont également ceux qui sont meurtris par des conflits de longue date, et dont l’infrastructure de gouvernance a été détruite.

Lorsque les institutions de base sont faibles ou inexistantes, la corruption se développe hors de tout contrôle tandis que le pillage des ressources publiques alimente l’insécurité et le sentiment d’impunité. À cause de la corruption, la perte de confiance fragilise les institutions et les gouvernements naissants, ceux-là mêmes qui sont chargés d'assurer la survie et la stabilité, sans que cela semble anormal.

Les pays en bas de classement ne doivent pas être mis à l’écart des efforts de développement. Au contraire, l'Indice souligne le besoin pour ces pays de renforcer leurs institutions. Les investisseurs et les bailleurs de fonds doivent conserver la même vigilance sur l'ensemble des opérations qu’ils mènent et rendre des comptes de leurs propres actions, tout comme ils exigent transparence et responsabilité de la part des pays bénéficiaires.

«La lutte contre la corruption nécessite un contrôle fort des parlements, un appareil judiciaire efficace, des organismes d'audit et de lutte contre la corruption indépendants et disposant de ressources suffisantes, une application vigoureuse de la loi, une transparence dans les budgets publics, un apport d’aides et de finances, ainsi que de la place laissée à une presse indépendante et une société civile énergique», souligne Huguette Labelle. «La communauté internationale doit inventer des solutions efficaces pour aider les pays déchirés par la guerre à se développer et à soutenir leurs propres institutions».

Les notes les plus élevées dans l’IPC 2009 sont attribuées à la Nouvelle-Zélande avec 9,4, au Danemark avec 9,3, à Singapour et à la Suède dont le score est identique avec 9,2 et à la Suisse avec 9,0. Ces chiffres témoignent d’une stabilité politique, d’une régulation des conflits d’intérêt mise en place depuis longtemps et d’institutions publiques solides et efficaces.

L’ensemble des résultats mis en évidence par l’Indice 2009 est très inquiétant. Ils indiquent que la corruption continue à exister là où règne l’opacité, alors que les institutions ont encore besoin de se renforcer et que les gouvernements n’ont pas mis en œuvre des cadres juridiques de lutte contre la corruption.

Mêmes les pays industrialisés n’ont aucune raison de faire preuve de complaisance : l’utilisation de pots-de-vin et la facilitation de la corruption sont souvent le fait d’entreprises basées dans ces pays industrialisés. Et certaines compétences territoriales disposant du secret financier, qui ont un lien avec de nombreux pays en tête de classement de l’IPC, affaiblissent grandement les efforts menés pour lutter contre la corruption et recouvrir les avoirs volés.

«L’argent corrompu ne doit pas trouver de havre de paix. Désormais, nous ne devons plus nous trouver des excuses», déclare Huguette Labelle. «Le travail de l’OCDE dans ce domaine est le bienvenu, mais il faudrait proposer plus de traités bilatéraux sur les échanges d'information afin de mettre définitivement un terme au régime du secret. En même temps, les sociétés doivent cesser de travailler avec les centres financiers véreux».

Les pots-de-vin, les cartels ainsi que les autres pratiques de corruption sapent la concurrence et provoquent une perte massive des ressources destinées au développement dans tous les pays, et particulièrement les plus pauvres. Ainsi que l’a démontré un rapport récent de TI, entre 1990 et 2005, plus de 283 cartels internationaux privés étaient connus au grand jour, entraînant pour les consommateurs du monde entier un surcoût d'environ 300 milliards de dollars.

Étant donné que la grande majorité des pays de l’Indice 2009 obtient une note inférieure à 5, le défi de la lutte contre la corruption reste incontournable. Le Groupe des 20 s’est engagé sérieusement à faire en sorte que l’intégrité et la transparence constituent la pierre angulaire d’une toute nouvelle structure de réglementation. Alors que le G20 entreprend des réformes économiques et portant sur le secteur financier, il apparaît essentiel de considérer la corruption comme une menace réelle pour le devenir d'une économie durable. Par ailleurs, le G20 doit continuer à rechercher l’appui du public pour ses principales réformes, en créant des institutions telles que le Conseil de la Stabilité Financière et en prenant des décisions sur les investissements destinés aux infrastructures, qui devront être transparents et ouverts aux suggestions de la société civile.

À l’échelle mondiale et nationale, des institutions de contrôle et des cadres juridiques effectivement appliqués, associés à des réglementations plus efficaces et plus judicieuses, permettront d’atteindre des niveaux plus faibles de corruption. Ce qui au final conduira à un accroissement nécessaire de la confiance dans les institutions publiques, une croissance économique soutenue et une aide au développement plus efficace. Mais d’abord et avant tout, il permettra de réduire l'importante échelle des souffrances humaines endurées dans les pays les moins performants de l'Indice de Perception de la Corruption.

* Transparency International est la principale organisation de la société civile à la tête de la lutte contre la corruption.

Sources

http://www.transparency.org/news_room/latest_news/press_releases/2009/2009_11_17_cpi2009_fr

http://www.transparency.org/policy_research/surveys_indices/cpi/2009/cpi_2009_table

 

CLASSEMENT MONDIAL

Rang en 2009 – Pays ou territoire

1er        Nouvelle-Zélande

2e         Danemark

3e         Singapour – Suède

5e         Suisse

6e         Finlande – Hollande

8e         Australie – Canada – Islande

11e       Norvège

12e       Hong Kong – Luxembourg

14e       Allemagne – Irlande

16e       Autriche

17e       Japon – Royaume-Uni

19e       Etats-Unis

20e       La Barbade

21e       Belgique

22e       Qatar – Sainte-Lucie

24e       France

25e       Chili – Uruguay

27e       Chypre – Estonie – Slovénie

30e       Émirats Arabes Unis

31e       Saint-Vincent et Les Grenadines

32e       Israël – Espagne

34e       Dominique

35e       Portugal – Porto Rico

37e       Botswana – Taiwan

39e       Brunei Darussalam – Oman – Corée du Sud

42e       Maurice

43e       Costa Rica – Macao

45e       Malte

46e       Bahreïn – Cap Vert – Hongrie

49e       Bouthan – Jordanie – Pologne

52e       République Tchèque – Lituanie

54e       Les Seychelles

55e       Afrique du Sud

56e       Lettonie – Malaisie – Namibie – Samoa – Slovaquie

61e       Cuba – Turquie

63e       Italie – Arabie Saoudite

65e       Tunisie

66e       Croatie – Georgie – Koweït

69e       Ghana – Monténégro

71e       Bulgarie – Grèce – République de la Macédoine – Roumanie

75e       Brésil – Colombie – Pérou -  Suriman

79e       Burkina Faso – Chine – Swaziland – Trinidad et Tobago

83e       Serbie

84e       El Salvador – Guatemala – Inde – Panama – Thaïlande

89e       Lesotho – Malawi – Maroc - Mexique – Moldavie – Rwanda

95e       Albanie – Vanuatu

97e       Liberia – Sri Lanka

99e       Bosnie-Herzégovine – Jamaïque – Madagascar - République Dominicaine –

             Sénégal – Togo – Zambie

106e     Argentine – Bénin – Gabon – Gambie – Niger

111e     Algérie – Djibouti – Égypte – Indonésie – Kiribati – Mali – Sao Tome et Principe –

             Îles Salomon – Togo

120e     Arménie – Bolivie – Éthiopie – Kazakhstan – Mongolie – Vietnam

126e     Érythrée – La Guyana – Syrie – Tanzanie

130e     Honduras – Liban – Libye – Les Maldives – Mauritanie – Mozambique –

             Nicaragua – Nigeria – Ouganda

139e     Bangladesh – Biélorussie – Pakistan – Philippines

143e     Azerbaïdjan – Les Comores – Népal

146e     Cameroun – Équateur – Kenya – Russie – Sierra Leone – Timor-Oriental –

             Ukraine – Zimbabwe

154e     Côte d’Ivoire – Papouasie-Nouvelle-Guinée – Paraguay – Yémen

158e     Cambodge – République Centrafricaine – Laos – Tadjikistan

162e     Angola – Congo Brazzaville – République Démocratique du Congo – Guinée-Bissau –

             Kirghizistan – Venezuela

168e     Burundi - Guinée Équatoriale – Guinée – Haïti – Iran – Turkménistan

174e     Ouzbékistan

175e     Tchad

176e     Irak – Soudan

178e     Myanmar (Birmanie)

179e     Afghanistan

180e     Somalie

 

La corruption n’épargne pas les pays industrialisés ***

Agence France Presse – le 17 novembre 2009

 

Les pays développés doivent faire plus pour lutter contre la corruption à l'échelle internationale, notamment au niveau du secret bancaire qui permet de dissimuler les transferts d'argent sale, selon le rapport annuel de Transparency International (TI) publié mardi.

 

Comme chaque année, les pays en guerre sont ceux qui sont perçus comme les plus corrompus, l'Afghanistan et la Somalie étant les pires. La Nouvelle-Zélande, le Danemark, et Singapour font figure des trois pays les «moins corrompus» dans le rapport annuel qui établit un index de «perception de corruption» pour 180 pays sur la base des 13 sondages réalisés par 10 organisations indépendantes.

 

L'ONG, dont le siège est à Berlin, n'a pas épargné les pays industrialisés. «L'argent corrompu ne doit pas pouvoir trouver des zones de refuge. Il est temps d'en finir avec les excuses», a écrit sa présidente Huguette Labelle dans ce rapport.

 

Le secret bancaire «pèse sur les efforts visant à combattre la corruption et à récupérer les avoirs volés», selon TI qui, sans les nommer, pointe du doigt des pays industrialisés qui ne souffrent pas pour leur part du problème de la corruption.

 

Depuis 1995, l'ONG publie chaque année un indice de perceptions de la corruption classant 180 pays selon l'analyse d'un groupe international d'hommes d'affaires, d'experts et d'universitaires. L'indice va de 10 pour un État perçu comme «propre» à zéro pour un État perçu comme «corrompu».

 

L'ONG insiste sur la nécessité de faire plus pour combattre la corruption à un moment où les gouvernements tentent de relancer l'économie internationale en injectant des capitaux publics importants dans des programmes d'aide à la croissance.

 

TI, par ailleurs, s'est félicité du travail de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), notamment sur les paradis fiscaux, mais a estimé que «plus doit être fait en matière de traités bilatéraux concernant les échanges d'information afin de venir à bout du système du secret».

 

TI appelle également les pays du G20 à se pencher sur le problème de la corruption et à encourager une plus grande transparence dans l'attribution de contrats publics.

 

Un mécanisme de suivi de la Convention des Nations unies contre la corruption a récemment été adopté par 141 pays réunis à Doha, mais certaines clauses du suivi sont optionnelles, comme les visites d'évaluation dans les pays membres, ce qui, selon les critiques, limite la portée de l'accord.

 

*** Source

http://www.cyberpresse.ca/international/200911/17/01-922397-la-corruption-nepargne-pas-les-pays-industrialises.php