HDA - information et commentaires
Le 14 février 1997 Bernard Fournelle, alors directeur général du CHSLD Horace-Boivin de Granby, présentait au nom du Regroupement des CHSLD de la Montérégie un rapport au ministre de la Santé et des Services sociaux, monsieur Jean Rochon sur la transformation du réseau des services sociaux et de la santé.
(NDLR : le 31 janvier 2009) Il faut reconnaître qu'en ce début de 2009 la situation n'est pas meilleure. Pire, la situation s'est grandement détériorée. En toile de fond à cette présentation de 1997, nous vous invitons à lire dans les ARCHIVES 2008 les chroniques du26 janvier et du 2 février 2008 (15 ministres plus tard... et c'est toujours le bordel) parues dan le quotidien La Voix de l'Est.
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Une accélération de transformation du réseau sans vision
Depuis plusieurs années le réseau de la santé et des services sociaux et plus particulièrement les CHSLD sont invités à procéder à une transformation majeure de leur réseau. Les CHSLD ont relevé ce défi. Au printemps dernier, la Régie régionale de la Montérégie les a invité à accélérer cette transformation. Là aussi, nous avons relevé ce défi. Nous devons reconnaître qu'accélérer est un défi stimulant en autant que nous ayons une vision claire du futur réseau de la santé et des services sociaux de la Montérégie. Nous ne sentons nullement, à ce jour, une telle vision transpirer des orientations proposées par la Régie régionale de la Montérégie. Nous en sommes encore aux généralités. Nous avons l'impression, pour une autre fois, que nous nous attardons à une révision structurelle du réseau de la Montérégie. Nous devenons de plus en plus des experts en redressement d'entreprise que des gestionnaires de la santé et des services sociaux. C'est la pensée unique à savoir que tous les problèmes du réseau résident dans les structures organisationnelles.
Vous avez lors de votre rencontre du 31 mars dernier, rencontre a laquelle participait toutes directions générales et tous les présidents et les présidentes des conseils d'administration des établissements des cinq régions périphériques de Montréal, priorisé le développement, entre autres, du programme de maintien à domicile et des programmes d'hébergement. C'était, il nous semble, un de vos objectifs clairement énoncés lors de cette rencontre. Nous devons humblement vous informer que votre préoccupation ne se retrouve pas dans les orientations régionales. Ce désenchantement est quasiment historique en Montérégie. Nous avons le taux d'hébergement le plus bas du Québec, plus ou moins 3.7%, et depuis plusieurs années, nous nous faisons dire que nous avons un programme riche. Les clientèles en perte d'autonomie et les CHSLD de la Montérégie depuis toujours contribuent, année après année, plus que leur poids budgétaire au processus de réduction budgétaire.
L'amélioration de la performance des CHSLD afin d'optimiser les services.
Cet objectif que l'on retrouve dans tous les documents commence à résonner faux pour beaucoup de gestionnaires et d'intervenants du réseau des CHSLD de la Montérégie. Depuis de nombreuses années, les CHSLD de la Montérégie ont démontré une volonté ferme à se rendre performants. Les CHSLD depuis 1992 ont été les établissements qui ont le plus contribué à la transformation du réseau en Montérégie. Les CHSLD ont vécu les regroupements, les fusions, les rapprochements. À toutes les années, les indices de performance renouvelés désavantagent les CHSLD. Nous avons l'impression que les efforts viennent toujours de la même place. Lorsqu'il manque des argents, de nouveaux paramètres sont élaborés pour compresser davantage les CHSLD. Nous inventons des nouveaux taux, des mesures pondérées, des statistiques aléatoires qui font qu'en bout de ligne, les CHSLD sont toujours les perdants. Nous devrions, à tout le moins, conserver les économies pour développer de nouveaux programmes s'inspirant du plan de transformation.
La pratique professionnelle.
Sujet tabou. Réforme, reconfiguration, redéploiement, technologies nouvelles, besoins nouveaux, valeurs évolutives, etc... Tout est remis en question, sauf nos pratiques quotidiennes. On aborde la réorganisation du travail, bien sûr, mais les pratiques professionnelles sclérosées limitent grandement les actions novatrices. C'est à croire que ce sont les services d'entretien ménager ou les services alimentaires qui provoquent les crises dans le réseau des services sociaux et de la santé. À quand un débat sérieux sur certaines pratiques ?
De l'hébergement lourd à l'hébergement alternatif.
A vouloir transformer les ressources lourdes vers des mesures légères, dans notre cas, et que cette volonté soit acceptée et accomplie, nous devons prévoir un argumentaire qui dépasse le simple fait comptable et statistique. Il y a des pratiques séculaires tant des professionnels que des intervenants, des gestionnaires et de la population. Surtout qu'en Montérégie nous nous retrouvons nettement sous la moyenne nationale. Faut-il se rappeler que le développement des mesures lourdes d'hébergement provient d'une volonté politique pas si lointaine.
Cette transformation laisse sous-entendre une définition nouvelle d'accessibilité à de nouveaux services dans de nouveaux lieux de prestation. La proximité du lieu de résidence, le choix du professionnel, le choix de l'établissement sont des éléments qui se devront d'être revus rapidement.
De plus, un suivi rigoureux se devra d'être mis sur pied pour encadrer le développement anarchique des ressources privées d'hébergement.
Des services à la population en fonction des besoins.
Nous devons assurer à la population des services en fonction des besoins identifiés et des ressources disponibles. Cet objectif qui est une des assises du présent processus de transformation ne cause pas de problèmes aux CHSLD. Mais qu'il soit clair que les besoins sont élastiques et les ressources sont des peaux de chagrin. Il faut reconnaître que depuis le début du processus de transformation nous avons volontairement ou inconsciemment laissé planer un doute sur le peu d'effets que ces transformations auraient sur la distribution des services au niveau de la population. Nous sommes toujours en attente d'une campagne d'information apparente et significative.
Le plan de transformation envisagé demande une campagne vigoureuse d'information. Nous avons l'impression que la campagne d'information va apparaître le lendemain de la transformation.
Une urgence.
En bout de ligne, nous ne pouvons que réitérer l'absence dramatique d'une vision claire de ce que devra être le réseau futur de la santé et des services sociaux en Montérégie. Vous nous avez dit qu'il ne s'agissait pas seulement d'un exercice comptable, nous sommes en attente de cette vision dynamique.