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La chasse au Bloc est ouverte – 9 août 2009
À l’aube d’une probable campagne électorale fédérale nous entendrons, pour une septième fois, les fédéralistes de toutes les couleurs entonner leur rengaine sur l’inutilité de la présence du Bloc Québécois dans le paysage politique du “plusss meilleur pays au monde“ qu’est le Canada. C’est commode, c’est facile, ça fournit de la bonne copie aux différents médias, ça peut même rapporter sur le plan électoral. Ces fédéralistes bons tons se défoulent sur toutes les tribunes en essayant de nous démontrer, NOUS québécois, que nous faisons fausse route en nous obstinant, depuis 1993, à élire majoritairement des députés bloquistes pour nous représenter dans la capitale fédérale. Ainsi nos fédéralistes de toutes les couleurs s’évitent de NOUS offrir une alternative, une avenue, un programme, des réponses et même une amorce de solution qui feraient en sorte que le Québec puisse s’épanouir sans craindre une action déloyale ou malicieuse du “rest of Canada“. Le passé étant garant de l’avenir comme dit le dicton; cette obstination des québécois les protège plus qu’une pseudo présence dans un gouvernement quelconque. Sans remonter à la nuit des temps, une présence québécoise forte dans tous les gouvernements depuis près de trente ans ne nous a pas évité le rapatriement unilatéral de
Or depuis 18 ans, imaginons les reculs, les pertes, les dégâts, les assauts de toutes sortes que nous aurions eu à subir sans une présence significative et majoritaire de députés résolument solidaire de la québécitude. Les Harper, Layton et Ignatieff ainsi que leurs haut-parleurs peuvent toujours pérorer sur la place du Québec dans un grand ensemble “canadian“ mais leurs rares énoncés prennent plutôt la forme d’un miroir aux alouettes. Souvenons-nous d’un “non qui voulait dire oui“ de mémorable mémoire.
Depuis la naissance du Bloc Québécois, 43% des québécois en moyenne, rejettent les propositions vides, de tous contenus, faites par les tenants d’un fédéralisme “canadian“. Ces derniers ne semblent pas avoir compris ou ne veulent tout simplement pas reconnaître les mutations profondes de
Six ou sept millions de parlants français noyés dans une mer de plus de trois cents millions de parlants anglais ne peuvent avoir une même vision de leur avenir : c’est une évidence socio-politique. Promettre une construction renouvelée, c’est laver plus blanc que blanc et prendre des vessies pour des lanternes. Le coup nous a été fait à quelques reprises. Passons tout simplement à autre chose.
Dans ce sens, la chasse au Bloc n’a plus d’écho et ne peut que provoquer suspicion envers les commandos d’un fédéralisme d’un autre siècle qui ne peuvent constater le fossé qui s’est creusé à la hauteur de la rivière des Outaouais. Pour la très grande majorité des québécois tant fédéralistes que souverainistes, leur gouvernement se trouve à Québec et non à Ottawa : ça date de Jean Lesage, libéral, fédéraliste et nationaliste québécois. C’est lui qui a inventé et mis de l’avant l’État du Québec.
La présence forte du Bloc Québécois nous assure un avant-garde protégeant la spécificité québécoise contre d’éventuels assauts du “rest of Canada“. Et le seul fait que je paie encore des impôts dans le “plusss meilleur pays du monde“ légitime amplement cette présence, n’en déplaise aux “redneck“ de l’Ouest. (B.F. – Le 9 août 2009/Le Voix de l'Est - Le 14 août 2009)
Informations complémentaires
Fondation du Bloc Québécois : le 15 juin 1991
Les chefs depuis la naissance du Bloc
Lucien Bouchard : du 25 juillet 1990 au 15 janvier 1996
Michel Gauthier : du 17 février 1996 au 14 mars 1997 – Chef par intérim
Gilles Duceppe : depuis le 15 mars 1997
Résultats des campagnes électorales
ANNÉE – NOMBRES DE DÉPUTÉS - % DES VOTES AU QUÉBEC
1993 – 54 – 49,3% (Opposition officielle)
1997 – 44 – 37,9%
2000 – 38 – 39,9%
2004 – 54 – 48,9%
2006 – 51 – 42,1%
2008 – 50 – 38,1%
Le Québec compte 75 députés à